Le Kiryuho est un art du mouvement et de l'énergie.
Discipline contemporaine japonaise créée par Kajo TSUBOI, le Kiryuho est un art du mouvement et de l’énergie s’inspirant de la spirale et du ruban de Möebius. Il puise ses origines dans les arts martiaux et la danse. Il s’appuie sur la verticalité, la relaxation, la relation à soi, aux autres, à l’espace et à la conscience de soi.

mardi 7 août 2012

Kajo Tsuboi - "Se tenir debout, avoir des ailes"



SE TENIR DEBOUT, AVOIR DES AILES
une liberté absolue du corps et de l'esprit


Le fondement - Relaxation et concentration.
Tout d'abord nous devons savoir que, pour une activité corporelle efficace et bénéfique, nous avons besoin d'une bonne relaxation.
Cette relaxation ne concerne pas uniquement le corps mais aussi l'esprit.
Dans le ∞Kiryuho nous commençons les sessions par une méthode de relaxation que nous appelons 3R. Si vous pratiquez cet exercice , vous constaterez que la relaxation et la concentration sont connectées.

Ainsi vous réaliserez que tout votre corps est relié, que chaque partie de votre corps est reliée aux autres.
Par exemple, si vous bougez le le petit doigt, vous pouvez sentir les muscles proches de votre bassin. Si vous étirez la peau entre les sourcils – à l'inverse de froncer les sourcils – votre respiration deviendra plus profonde (notamment par ce que votre diaphragme sera plus détendu).

Avec les 3R, la conscience de votre corps sera plus fine et plus précise et vous pourrez prendre conscience de votre relation à la terre et à l'espace autour de vous. Vos cinq sens peuvent devenir plus clairs et s'ouvrir au monde !
L'harmonie entre le corps et l'esprit sera plus profonde.

Vous pourrez en sentir les effets concrets.

Un autre pas – Le véritable sens de la position debout - la verticalité.

L'humanité est devenue ce qu'elle est quand elle a commencée à se tenir debout et à marcher sur ses deux pieds. Ce qui signifie que la relation entre les humains et la gravité s'est complètement transformée si on la compare avec les autres animaux.
Presque toutes les activités humaines se retrouvèrent connectées avec la position verticale. Nous savons que, dans cette position, l'homme a acquis une certaine liberté avec ses mains (utilisation d'outils, du feu,...),et bien sur une propension au langage.
Mais nous n'avons pas remarqué que lorsqu'il s'est relevé et a commencé à marcher, l'homme a aussi commencé à “voler” !


En nous tenant debout, nous nous maintenons dans une position très déséquilibrée. Même si nos pieds touchent le sol et s’appuient sur le sol pour marcher, la partie supérieure du corps est d'une certaine façon en train de “voler” ou de “flotter”.
On trouve de nombreux héros ailés dans la mythologie, des fées aux ailes ravissantes dans les contes traditionnels, les anges et Ten-nin (créatures du ciel) dans les écrits religieux. Au Japon, des danseurs traditionnels racontent aussi que la technique ultime de leur art ne peut être enseignée que par un Tengu (une créature avec un très long nez, très puissante, vivant dans les montagnes et volant grâce à ses ailes). Beaucoup d'écoles d'art martiaux traditionnels japonais (jujitsu ou kenjutsu) possèdent des livres pour décrire leurs techniques les plus perfectionnées. On retrouve souvent un Tengu à la dernière page de ces livres.


Voler avec des ailes symbolise une forte impulsion de liberté et de communion avec l'espace et l'univers. Bien sûr notre corps ne peut pas s'envoler par ses propres moyens mais on ne peut pas s'empêcher d'avoir cette profonde impulsion de voler, de se libérer de la gravité, d'être libre. L'homme peut voler grâce aux avions ou à d’autres moyens mais ce n'est que de la technologie.
Beaucoup de pratiquants de différents arts corporels, après de longues années d'entrainement, sont capables de “voler” ou de “flotter”. Les ascètes tibétains du vent pratiquent des exercices pour marcher “comme le vent”. Des maitres chinois de Kung Fu s'entrainent au Kei-Kung pour pouvoir sauter comme les oiseaux et courir sur des oeufs sans les casser. Certaines écoles japonaises d'arts martiaux traditionnels s'intéressent à la façon de se tenir debout. Elles parlent de “ukimi” - “corps flottant à moitié”. Ukimi signifie qu'il ne faut pas être “attaché” au sol même si nos pieds touchent le sol.
Morihei Ueshiba, fondateur de l'aikido, a dit : “Je me tiens sur le pont flottant du ciel”. On retrouve ce pont dans Kojiki – le livre de mythologie japonaise décrivant la création du monde. Dans ce livre le pont s'appelle Ameno uki hashi et relie le monde infini des cieux à notre monde fini actuel. Il est le symbole du non-attachement à notre monde. Mais attention, non-attachement à notre monde ne veut pas dire ne pas être concerné par notre monde.
Nous sommes toujours avec la pesanteur. Il est impossible d'aller contre. Suivre la gravité est le meilleur chemin pour nos activités physiques. Cela veut dire que nous acceptons la gravité comme notre destinée. Si vous vous mettez dans la position de vous abandonner à la gravité, la gravité rend possible une qualité de mouvement bien meilleure. À cet instant, d'un point de vue subjectif ou symbolique, vous “volez”.
Mais cette façon de voler est très concrètement reliée à vos mouvements, votre état d'esprit et votre posture. Et elle est encore plus spécifiquement reliée avec les omoplates, qui sont elles-mêmes profondément connectées avec nos organes respiratoires et nos mains.


Dans le ∞Kiryuho, nous utilisons un point situé sur les omoplates qui s'appelle Tsubasa ne. Dans les représentations mythologiques, c'est le point d'où partent les ailes des anges. En prenant conscience de ce point, votre respiration, votre posture, vos mouvements votre relaxation et votre concentration peuvent être transformées.
Beaucoup de danseurs s'en rendent compte.
Beaucoup de maitres d'aikido se sont rendus compte que leur pratique avait évolué grâce à la sensation de ces “ailes”.

Mais le plus important c'est que l'existence de chacun peut devenir beaucoup plus libre avec la conscience du point Tsubasa ne. Chacun peut ressentir un bien être fondamental proche de l'illumination décrite par les moines zen.
Notre imagination aussi s'exprime souvent de façon très libre, comme si elle avait des ailes.
Cette activité de l'esprit est reliée à notre structure corporelle et à la conscience que nous en avons. L'homme s'est relevé et, à ce moment-là, il a commencé à “voler”.
Avec ces “ailes”, il a pu ressentir cette impulsion essentielle de liberté.
Et je le redis, ces ailes imaginaires sont en fait profondément reliées à la structure de notre corps.


Kajo Tsuboi le 6 juin 2012